Par Duvette Chromer

500 MOTS TISSENT UNE TOILE AIMABLE
— NE PAS EN GASPILLER — RESSOURCE RARE —
— À RECYCLER

Suite du roman feuilleton. Résumé de l’épisode précédent :

  • Laura Selma joue avec le feu
  • Elle se cache
  • Elle est mélancolique
  • Laura Selma est Jane Doe

Rendez-vous ici pour lire l’épisode 1 et pour l’épisode 2.

Jane a recommencé à accumuler une petite somme d’argent. Pour se rappeler le bon vieux temps, elle a demandé à n’être payée qu’en espèces. Elle dépose des piles de billets à divers endroits de son appartement. Ça brille au soleil et volette négligemment en cas de coup de vent.

Elle a accepté une dernière mission. Après rideau, terminé. Son employeur, Max, lui a demandé de rapporter une copie des plans d’une machine de textile. L’inventeur qui les détient est un original, passionné de musique. Il porte un pull torsadé irlandais, marron passé. Il vit à Lille.

Hier, à minuit, il a passé deux heures dans un bar à écouter une femme en robe tube rose souffler à intervalles réguliers dans un kazoo triste. Une forme de performance contemporaine.

Fasciné, il n’a pas senti ses clefs disparaître de sa poche. Jane est entrée chez lui, a placidement fait une copie de son ordinateur en câlinant le chat local. La déco est pas mal.

Quand il a voulu rentrer chez lui, il a dû retourner au bar. Soulagement, ses clefs étaient en la possession du barman. Une femme les avait trouvées.

Aujourd’hui, Jane soupire lentement en se décolorant la moustache. Trop facile. Elle remballe, et descend vers la mer pour réfléchir à la suite.