Crédit photo : Manon Riff Sbrugnera

Au départ, il y a une idée, celle d’Alice – la cofondatrice de La Textilerie – d’une collection de mode imaginée par les habitant.e.s du quartier.

Ensuite, il y a le contexte, celui de La Textilerie, où chaque jour nous collectons et trions des centaines de vêtements.

Puis vient le projet, concret, démarré en septembre 2019[1], celui de rassembler des personnes d’horizons divers, habitant Paris et de les initier au design et à la couture à travers un programme de dix cours. L’objectif ? Créer une collection à partir de vêtements collectés à la Textilerie, des vêtements qui ont du vécu et peuvent en porter les traces (usure, trou, tâche…). Faire ensemble ce qu’on appelle de l’upcycling[2] !

La Collection des Habitant.e.s, c’est  donc l’histoire d’un groupe de personnes qui ne se connaissent pas et qui créent une collection de vêtements ensemble pendant un automne. 

Le point de départ de la collection, ce sont les personnes, bien sûr ! Ce qu’elles projettent sur ce programme, comment elles se représentent la création. Leur imaginaire de la mode… Peut-être une certaine idée du glamour et de la féminité. Car il se trouve que ce sont toutes des femmes. Ce n’est pas un choix de notre part. Cela s’est trouvé comme cela. Pas complétement une surprise non plus, les stéréotypes de genre ont la vie dure !

Ensuite, vient le choix d’un thème commun, pour créer une cohérence entre les différentes pièces de la collection.

Puis c’est la matière et la contrainte qui vont jouer un rôle fondamental ! Car le défi est de créer de nouvelles pièces à partir d’une sélection imposée de vêtements avec des matières hétérogènes. Cette contrainte, elle peut être vécue comme un frein pesant ou au contraire comme un levier créatif qui ouvre l’esprit et l’emmène vers de nouvelles contrées. Se laisser guider par des matières qui nous appellent, sans forcément d’idée préconçue de forme (celle-ci venant après…), cela demande un lâcher prise un peu déconcertant au départ, mais qui, si on se laisse bifurquer, donne lieu à un processus de métamorphoses stimulant et réjouissant.

Ce processus et cette Collection des Habitant.e.s, on le raconte et on la montre dans un petit livre – à paraître au premier semestre 2020 – pour ne pas vivre dans l’oubli de nos métamorphoses[3] !

 

[1] Le projet a pu voir le jour grâce au soutien financier de La Mairie de Paris et du Syctom.

[2] L’upcycling ou surcyclage donner une nouvelle vie à des matériaux ou produits dont on n’a plus l’usage en les transformant en nouveaux objets de qualité.

[3] « Nous vivons dans l’oubli de nos métamorphoses » ainsi commence le poème « Notre mouvement » de Paul Eluard.